Résultats des campagnes anti-corruption menées dans les pays pilotes

23.05.2017

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En Côte d’Ivoire, en collaboration avec le Ministère de la Santé et l’instance de coordination nationale, la campagne a spécifiquement ciblé la population locale afin de la sensibiliser aux dangers de prendre sans prescription un médicament antituberculeux, le RHZE, acheté sur les marchés de rue. La distribution ciblée de prospectus dans les centres de santé, ainsi que la diffusion de messages d’intérêt général à radio nationale, semblent avoir contribué à faire baisser l’offre et la demande pour ce médicament illégale dans la rue, comme le montre une enquête de marché menée récemment.

Au Malawi, en partenariat avec le Ministère de la Santé et le Conseil des pharmacies, des médicaments et des poisons, la campagne a été spécialement adaptée pour encourager la population locale à parler des vols de médicaments. La distribution à grande échelle de prospectus directement à partir de la chaîne d’approvisionnement, associée à des messages sur les panneaux d’affichage et à des messages d’intérêt général à la radio nationale, ont abouti à près d’une centaine de signalements à une ligne téléphonique dédiée dans les quelques mois qui ont suivi le lancement. En conséquence, un groupe de travail sur les vols d’antipaludiques, composé d’agents de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), du Bureau de l’Inspecteur général et des services de police du Malawi, a été en mesure d’agir à partir des renseignements tirés des signalements, qui identifiaient plusieurs sites soupçonnés de vendre des antipaludiques volés. Le groupe de travail a mis au jour par la suite des éléments de preuve qui ont abouti à un certain nombre d’arrestations de personnes en vue, d’amendes et de poursuites judiciaires. La campagne a été prolongée au Malawi et le Bureau de l’Inspecteur général continue d’agir à partir des renseignements obtenus afin de s’assurer que les médicaments vont bien jusqu’à la population du Malawi.

En Ukraine, la campagne a avant tout cherché à ce que les consommateurs de drogues injectables continuent de recevoir gratuitement un traitement de substitution aux opiacés dans le cadre des programmes de réduction des méfaits. Selon certaines parties prenantes, il semblerait que des consommateurs de drogues injectables aient été contraints de verser des pots-de-vin pour obtenir un traitement. La campagne a ciblé plus d’une centaine de centres d’accueil dans tout le pays par une distribution de prospectus et d’affiches visant à encourager les bénéficiaires à contacter à la ligne nationale dédiée au traitement de substitution aux opiacés s’il leur est demandé de payer pour obtenir leur traitement. Parallèlement à cela, le Bureau de l’Inspecteur général a mené une enquête pour évaluer l’étendue du problème. Au final, l’enquête n’a pas pu corroborer les signalements de corruption, ce qui laisse penser que le problème n’était pas aussi répandu que ce que l’on avait imaginé dans un premier temps.